Petite sœur, mon amour de Joyce Carol Oates

Publié le par Hélène

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Philippe Rey Edition / 667 pages






S'emparant d'un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite Jon Benet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l'affaire qu'elle n'hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s'appelle maintenant Bliss, c'est une championne de patinage sur glace, l'enfant adoré de ses parents, la coqueluche d'un pays, la sœur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d'établissements médicalisés. Âgé aujourd'hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père - homme d'affaires ambitieux, la mère - arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien... le narrateur lui-même ?



J'ai beaucoup apprécié ce livre pour autant je trouve extrêmement difficile de rédiger un avis même court dessus. C'est un livre tellement dense et complexe. L'écriture y est au début des plus déroutante, les notes en bas de pages font partie intégrante de la narration. Elles l'enrichissent mais il est difficile de trouver un rythme de lecture lorsque l'on est sans cesse obligé de faire des allers et retours dans la lecture d'une page. Joyce Carol Oates parvient a rendre, avec beaucoup de succès, au travers même de ses mots et de la narration partiellement hachée le trouble de l'auteur ainsi que ses états psychologiques. C'est un roman qui à partir d'un fait divers explore en profondeur des dérives, vraiment scandaleuses, de notre société. Je dis notre, je doute hélas que seule la société américaine ne puisse être mise en cause. Les dérives pointées sont nombreuses, ce n'est pas la médiatisation et le culte des enfants stars qui m'auront le plus marqués mais bien celles de ses parents indignes et des dérives de la médication à outrance de leurs enfants.
Construit comme un roman policier, tout au long de notre lecture on est en attente d'une révélation. On ne sera pas déçu. La fin est diabolique !

C'est un roman dont je me souviendrais très très longtemps.
Un immense coup de cœur...
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La+Plume+au+f%C3%A9minin23/4

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Opaline 07/07/2011 12:08


Merci pour cette 3e participation à mon défi! Le sujet n'attire et me rebute à la fois, de même que la construction du roman. Mais suite à ton avis, peut-être que je me laisserai tenter un de ces
jours...


Hélène 08/07/2011 19:31



mais de rien, laisse toi tenter. C'est vrai que c'est une lecture exigeante mais elle tient toutes ses prommesses  



Valérie 06/07/2011 19:02


Je pense tout de même que cette exhibition des petites filles (dans la realité, la petite était une mini-Miss) est plus américaine. J'ai beaucoup apprécié ce roman pourtant difficile d'accès.
C'était mon premier de cette auteure et après deux autres expériences, je n'ai pas retrouvé ce même plaisir et cette même "claque".


Hélène 08/07/2011 19:28



C'est vrai que c'est un livre très exigeant; en disant "seule la société américaine ne puisse être mise en cause" je pensais principalement à la médication des enfants. Je suis
entièrement d'accord avec toi pour l'exhibition peu de pays peuvent rivaliser avec cette effet de "starisation".