Sélection du Prix Mare au Diable 2009/2010 - L’affaire de Road Hill House, l’assassinat du petit Saville Kent de Kate Summerscale

Publié le par Hélène

L’affaire de Road Hill House, l’assassinat du petit Saville Kent de Kate Summerscale
523 pages / Christian Bourgois Editeur







Ce fut la grande affaire qui a passionné l’Angleterre victorienne. Elle a déchaîné les passions, elle a nourri la presse à scandale ou plus sérieuse, elle a inspiré des auteurs connus de tous Poe, Collins ou Dickens.

Tout débute le 30 juin 1860 lorsque Elizabeth gouvernante de la famille Kent s'aperçoit de l'absence de Saville. Le garçonnet de trois ans n'est plus dans son lit. Les recherches débutent et un peu plus tard on le découvrira, égorgé de manière atroce dans les latrines proches de la demeure. L'affaire passionne les médias et le public, on dépêche sur les lieux un inspecteur de la toute nouvelle brigade Scotland Yard Jack Whicher. Bien vite les soupçons se dirigent vers les habitants de la maison. Les pistes, les hypothèses foisonnent. L'enquête s'enlise faisant de cette affaire de Road Hill House une des plus grandes affaires criminelles non élucidées de son siècle






Plutôt que de revisiter de manière chronologique ou de la considérer et de la traiter d'un simple point de vue romanesque  Kate Summerscale opte pour une forme surprenante à mi-chemin entre le pur roman à la manière d' Agatha Christie et le documentaire journalistique. Ce roman et j'hésite même à l'appeler ainsi fourmille de renseignement en tous genres du plan de la maison à l'arbre généalogique de la famille. On plonge en plein coeur de cette affaire.

Le livre prend plusieurs dimensions, l' étude de ce crime servant de prétexte à aborder de nombreux autres sujets. Il est à la fois une étude d'une société bourgeoise anglaise, à la fois une étude de la presse, de son influence et de son intérêt pour les affaires criminelles. Sans compter que Kate Summerscale place cette affaire aux origines du nouveau genre naissant en cet fin de siècle, celui du roman policier. Une chose est sûr, ce livre risque de décevoir les lecteurs qui ne verraient en lui qu'un simple livre policier. Il est bien plus que cela.
J'ai aimé ce portrait de la société victorienne où se dévoile sous nos yeux les secrets d' une famille bourgeoises respecté. Je l'ai lu à la fois comme une enquête littéraire reconstituant une enquête criminelle mais aussi et surtout comme une étude sociologique saisissant au vol de nombreux traits de la société victorienne.
S'il faut lui reproché quelque chose, je me plaindrais du sentiment qui apparaît progressivement de se perdre au fil des pages. Les thèmes abordés sont complexes et variés. En mélangeant autant de sujets on reste dans le vague perdant souvent de vue ''l'affaire''.
 Cependant, l'écriture rythmé et agréable m'a prise dans ces mailles. Dans ce document foisonnant chaques détails s'avèrent passionnant. À souligner également le don incroyable de l'auteur pour nous tracer des portraits extrêmement complet pour chacun de ses personnages.

Ce fut donc pour moi une très bonne lecture que je ne regrette absolument pas.







Road Hill House






Lu dans le cadre du Prix des bloggeurs, le Prix Mare au Diable         

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George 26/11/2009 11:03


belle critique... ce roman me tentait bien aussi, mais je suis déjà inscrite dans la catégorie Roman et Mauprat... on ne peut pas tout faire !!


mazel 26/11/2009 11:02


encore une tentation de lecture !!! grand merci. bises