Du domaine des murmures de Carole Martinez

Publié le par Hélène

Du domaine des murmures de Carole Martinez
Gallimard / 201 pages





En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter
son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme
est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de
barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte.



Honnêtement c'est un roman qui me laissera un avis mitigé. C' est plutôt une déception malgré quelques points qui auront malgré tout réussi à me séduire. Je n'ai à aucun moment retrouvé la voix qui m'avait tant séduite dans son roman précédent.
C'est un roman en huis-clos dans la vie d'une héroïne qui au fil des pages me touchait de moins en moins; plus j'avançais dans ma lecture et plus Esclarmonde (et son nom par trop parfait) me laissait de plus en plus indifférente si ce n'est pour m'agacer ! Un comble pour un livre qui veut vous conter la vie d'une femme.
Et pourtant le résumé était séduisant, les premières pages m' avaient captivé, j'ai même eu du mal à le reposer une fois entamé mais il n' y avait rien à faire, peu à peu l'ennui c'est installé, trop de moment de personnages ne sont que survolés, par ailleurs, on ressent un peu trop qu' il y a eu un important travail de recherche, de construction, de choix, et je me suis de plus en plus éloigné du récit. Cependant
certains sentiments sont décrits avec beaucoup de justesse, plusieurs thèmes sont abordés sous un angle original.
Alors certes elle conserve toujours le même univers de merveilleux, on retrouve à la fois la même originalité que dans "Le cœur cousu"
mais aussi une écriture similaire et paradoxalement c'est bien là tout le problème !
J' ai eu l'impression de lire un roman qui manquait de souffle, et surtout de surprise. C'est un peu comme un tour de magie dont on connaîtrai le truc, il perd de son merveilleux. J'espérais un renouveau pour ce second roman, peut-être le trouverais-je dans son prochain livre.

3,5/5

 

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de Carole Martinez, j'ai lu :

Le coeur cousu, (mon avis)

 

 

 

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RL2011b

3/7, chez Hérisson

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constance93 25/10/2011 14:35


c'est drôle, j'ai trouvé de mon côté que Carole Martinez avait su se renouveler : certes c'est toujours une histoire de femme (mais en même temps, quelles magnifiques héroïnes nous invente l'auteur
!), certes elle nous envoûte toujours avec son écriture solaire, mais on change de lieu, d'époque, de destin (et ils sont même opposés : là où il s'agissait d'une fuite éperdue à travers tout un
pays dans le premier, le thème du second est l'enferment !), de personnages (Esclarmonde est tellement différente de Frasquita ! l'une est une rebelle par choix, tandis que l'autre est poussée sur
les routes par mauvaise fortune et l'abus des hommes : toutes les deux ont pourtant une force, une volonté de prendre leur destin en main, mais elles sont très différentes dans leur manière de le
faire, et même leur manière d'y réfléchir).

Et Esclarmonde m'a de plus en plus bouleversé au fil des pages, quand on a d'abord été emporté avec elle dans son acte de rébellion, puis dans la suite, quand on découvre que cette rebelle a fait
un choix qui l'engage pour toute sa vie, ce choix qui lui paraissait le seul quand elle l'a fait mais qu'elle regrette de plus en plus. il y a de la souffrance dans le destin de cette jeune fille,
au delà des airs qu'elle se donne de prophétesse et de sainte. cette souffrance a exercé ma tendresse à son égard, mais il n'y a sûrement qu'un pas entre l'agacement pour son attitude juvénile et
la tendresse que l'on peut ressentir pour cette jeune fille qui, derrière l'apparence qu'elle se donne, est dans une profonde détresse.


Géraldine 15/09/2011 16:25


Ton billet est très bien rédigé. Pour ma part, c'est pour bientôt, rencontre avec l'auteur dans une dizaine de jours, j'en profiterai alors pour acheter et faire dédicacer l'ouvrage.


Hélène 16/09/2011 12:05



Merci


Je t'envie un peu, j'aurais bien aimé la rencontrer