La philosophie de Lao Zhang de Lao She

Publié le par Hélène

La philosophie de Lao Zhang de Lao She
(édition Philippe Picquier/ 280 pages)






La couverture ne vous donne t-elle pas envie de rire. Ce visage n'exprime t-il pas une sorte de gaîté communicative ?


Cette histoire c'est celle de Lao Zhang un Harpagon hypochrite et moderne. A ses yeux rien ne compte plus que d'amasser toujours plus d' argent
Toutes les combines sont bonnes pour économiser le moindre yuan. Ne pas se nourrir et ne manger qu'au frais d'autrui ou encore éviter à tout pris de se laver (il s'est baigné déjà deux fois dans sa vie, pour la troisième il faudra attendre qu'il meure et qu'on lui fournisse l'eau et le savon). Il fait également des économies en changeant de religion en fonction du prix de la viande. Au délà de ses économies journalière, là où Lao Zhang gagne le plus, c'est peut-être bien en prêtant un peu d'argent à des amis et connaissances dans le besoin ou devrais-je plutôt préciser que c'est en étant inflexible avec ses débiteurs quand au remboursement de leur dette. S' ils ne peuvent payer qu' importe, ils ont bien une jeune et jolie jeune fille à lui donner en paiement !
La philosophie de Lao Zhang est le premier roman de Lao She (1899-1966). Il l'a écrit en 1926, deux ans après son arrivée à Londres. Le regard qu'il porte sur le pays de son enfance est sans concession, il critique et dénonce tour à tour, la condition des femmes chinoises, l’attitude des fonctionnaires et de ceux qui détiennent le pouvoir ainsi que l’absence de véritable justice.



Je me suis bien amusé en lisant ce livre, Lao Zhang en maître d'école cynique et calculateur porte sur son dos une telle caricature de l'avare que le pauvre devient avec ses petites manigances bien comique aux yeux du lecteur. C'est un condensé de tous les défauts que l'on associe habituellement à ce trait de caractère. Il est tout à la fois l'avare de Molière, Don Salluste (Louis de Funès) de la Folie des grandeurs associé à  un petit bout de Picsou. Cependant ce livre est bien plus que l'histoire d'une caricature, c'est également une plongée au sein de la société chinoise du début du siècle. On fait irruption en plein coeur d'une époque troublée où fait rage un important conflit entre le respect de la tradition et le souffle de la modernité; les générations s'affrontent pour vivre leur futur.
Ce livre est un mélange quasi parfait en deux dimensions, l' apparente légèreté de l'écriture et de l'histoire cachant par derrière elles un propos plus profond. J'aime beaucoup ces livres à deux facettes et qui me font rire.

Une bonne lecture plaisir, détente et amusement garanti, si toutefois on a l'esprit ouvert et surtout si on arrive à mettre de côté notre vision d'occidental du XXIème.

Ma note : 4,75/5



Lao She





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Publié dans Littérature chinoise

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