Le clan du Shorgo de Mo Yan

Publié le par Hélène

Le clan du Shorgo de Mo Yan 
( Actes Sud/ 153 pages)







1939, dans le Gaomi la résistance anti-japonaise bat son plein, les paysans se soulèvent. Toutes les familles sont touchés, le narrateur partage avec nous la destinée de sa famille au coeur de ses années troubles. Il raconte les exactions subies par son grand-père, le martyr de sa grand-mère, le courage de son père...


Quel plais
ir de lire ce lire, je n'en ai fait qu'une longue et savoureuse bouchée. Conquise dès les toutes premières lignes, je me suis laissée porter en plein coeur de la campagne chinoise, j'ai marché à travers les champs de sorgho, j'ai assisté -de loin cela va s' en dire-   à l'attaque du palanquin, au travail de construction des paysans ''volontaire'' dirigé par les soldats japonais, à la vengeance de cet armée de paysan …

On pourrait rapproché ce texte d'une saga familiale mais pourtant il y a en son sein un petit quelque chose qui le rend plus universel, une flamme, un cri, une dénonciation de la barbarie. C'est écrit avec délicatesse, la poésie est omniprésente conférant à ce court récit de témoignage son atmosphère si particulière, proche à la fois du rêve, du conte et d'un récit épique.
À lire lentement pour en apprécier la profondeur.

Ma note : 4,75/5




Les premières phrases :
« 1939, neuvième jour du huitième mois du calendrier lunaire : mon brigand de père vient juste d'avoir quatorze ans. Avec l'escouade du commandant Yu Zhan'ao, un héros dont les prouesses seront bientôt légendaires, il part pour tendre une embuscade au convoi japonais qui va bientôt passer sur la route Jiaoxian-Pingdu. Ma grand-mère, vêtue d'une veste matelassée, les a accompagnés au bout du village. ''Inutile d'aller plus loin !'' dit Yu Zhan'ao. Grand-mère s'arrête : ''Sois sage, Dougan, et obéis bien au commandant !''
Mon père ne répond rien, il la regarde, si grande, et respire le chaud parfum qui s'échappe du tissu ouaté. Un frisson le parcourt, il tremble, son ventre se met à gargouiller. Le commandant lui donne une petite tape sur la tête :
En route fiston ! » (...)







Petit apparté :

En Chine, le sorgho est considéré comme un symbole de fertilité et de paix. Cultivé pour ses grains ou comme fourrage, elle est la cinquième céréale cultivé dans le monde après le maïs, le riz, le blé et l'orge. Haute de 1 à 3m, elle est probablement originaire d' Éthiopie. On en retrouve trace dès l'antiquité, à Rome dans les textes de Pline. Ses utilisations sont diverses : alimentation humaine (en grain ou en farine dans des biscuits), alimentation animale, herbe à chat, biocarburant, boisson alcoolisée.
 

 

 

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De MO Yan, j'ai lu : 

Le maître a de plus en plus d'humour (mon avis)

Le Radis de cristal (mon avis)

Le déluge (mon avis)

Le clan du Shorgo (ci-dessus)

Grenouilles (mon avis)

Publié dans Littérature chinoise

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