Comme un mensonge d' Anne Luthaud

Publié le par Hélène

 Comme un mensonge d' Anne Luthaud
Édition Verticales / 129 pages




D'abord il y a la maison, puis il y a les femmes (sept), et puis il y a moi. ''Moi'', est un homme au passé mystérieux. Il vit dans un pavillon au allure de labyrinthe sur les bords de Loire. « Moi » ne sait rien de ses sept femmes. Il ne sait rien, mais tout à la fois, il sait tous. « Moi » c'est elles et elles sont « Moi »...




Un premier extrait :
« Je ne sais pas à quoi vous faites allusion. Dans ma maison, il y a sept chambres. Je dormais alternativement dans l'une d'elles. Pas d'autre pièce. Non, pas de cave pas de grenier non plus. Les clés me servaient à ouvrir les portes des chambres, évidemment. Non, je ne sais pas ce qu'elles sont devenues. »




Un barbe bleu contemporain

C'est livre dont il faut taire le principal tant il marche au mystère. Ainsi parler de Barbe bleu c' est déjà trop en dire. J'ai adoré le mystère qu'elle développe dans son écriture, son jeu incessant entre les parts de vérité et les parts de mensonge d'une vie. J'ai lu ce livre d'une traite, totalement absorbé. Du début à la fin, Anne Luthaud a su maintenir à coup de mystère et de passage légèrement incohérent ma curiosité en éveille. Je ne peux pas dire que je me suis laissé surprendre par la fin, je n'y avais pas pensé simplement. Elle est dans la logique de l'histoire et surtout des petits indices distillés tout au long de l'écriture. La fin efface les incohérences et termine avec brio ce livre.
Rien n'est laissé au hasard dans ce livre chaque chose est pesé, chaque mot a un rôle à jouer. C'est un livre très travaillé et réfléchi. Il y a de la légèreté dans l'écriture, elle est fluide et délicate, précise et floue. J'aime les contradictions, j'aime les auteurs qui possèdent un petit quelque chose qui rend leur écriture unique. J'ai aimé "Comme un mensonge" et si je réussi à dénicher d'autres livres d'elles je m'y plongerai délice...

Ma note : 4,5/5



Un autre extrait :
« Il faut que ce soit magnifique, un acte venu d'ailleurs, hors de soi et pourtant à soi, on pourrait dire venu de Dieu mais accompli en conscience de soi. J'étais seul alors, le monde à moi, et pleinement avec elles, temps aboli -silence.
Il faut que ce soit complet et adéquat.
À la victime, voyons, adéquat à la victime. Consentante, oui, évidemment consentante.
Il faut s'offrir à ce moment-là, moi tout à elle, elle tout à moi. Ensemble, enfin. L'énergie ramené à un seul point. Concentrée, densifiée en un noyau dur, insécable.
Inséparables. Désormais inséparables. »
(…) p111





Anne Luthaud

Commenter cet article