Juste pour le plaisir de Mercedes Deambrosis

Publié le par Hélène

 Juste pour le plaisir de Mercedes Deambrosis

Buchet Chastel / 461 pages
Janvier 2009






Une déception ...

Un triple crime commis au début de la guerre sert de prétexte à Mercedes Deambrosis pour explorer quelques uns de ses thèmes de prédilection, les individus lambda, la responsabilité, et la dissimulation. C'est un roman mélange qui sous ses allures de roman policier retrace quarante ans d'histoire. La grande histoire, les petites histoires des hommes servent de base à ce roman. Entre les années 1942 et 1987, on suivra l'inspecteur Lambert des allées de Montreuil en 42 où ces trois pauvres filles furent égorgées, au Veld'Hiv où il sauvera Adélaïde Meier en la plaçant parmi les personnes retenus pour mener ''l'opération meuble''. Des années plus tard toujours obsédé par ces crimes, il reprend la piste abandonnée depuis  bien longtemps.


 

Ce livre est un roman puzzle, où la boîte contenant les pièces aura été bien secoué. C'est d'un bazard...!
 À la figure du mal absolu incarné par celui qui tue au couteau ''juste pour le plaisir'', elle oppose une multiplicité de petits personnages dont les défauts et les actes pris individuellement ne peuvent rivaliser avec le tueur mais qui pris ensemble révèle un monde construits sur une somme d'imperfections et d'actions où l'individualité prime. Ce roman est divisé en d'innombrable chapitres chacun parlant de personnages différents dans des lieux et à des moments différent. D'ailleurs au sein même de ces chapitres, les différents paragraphes ne présentent pas toujours une entière unité.
Cette écriture morcelé a rendu ma lecture difficile sans compter des passages qui sont assez peu explicite et où il m'a fallu plus d'une fois presque imaginer certains actes ainsi que les changements d'époque au sein d'un même paragraphe
 Il faut être très attentif autrement on ne comprend plus rien.

J'ai cependant poursuivis ma lecture croyant au début que chacune des pièces du puzzle allaient toutes s'emboîter parfaitement me révélant du même coup une fin inédite. Mais j'ai été de déception en déception. Il y a ces personnages lâchement abandonnés au fil du texte. Il y a les questions qui restent en suspend. Et puis il y a une  fin sans imagination ni profondeur ; un peu comme si Mercedes Deambrosis ne savait plus trop comment  s'en sortir.
 Du coup, j'ai du mal à comprendre l'intérêt de certains passages et de certains des personnages de cette histoire. J'ai également du mal à trouver une justification à cette construction haché. Si  elle existe ! Je ne trouve pas que celle-ci serve bien le propos,formant un couple mal assorti. L'histoire oui, la construction oui mais l'histoire +la construction non !
C'est une déception, j'ai terminé ce livre en ayant l'impression tenace d'une promesse qui n'a pasété tenu et d'une révélation attendu qui n'a pas eu lieu. Parlons clair, pour moi ''Juste pour le plaisir'' se termine en eau de boudin, la fin n'est pas soigné et cela enlève au texte tout le charme et la force qu'il aurait pu avoir...

Ma note : 3,25/5



Des extraits :
« Son hésitation n'est qu'une question de seconde. Il tire deux fois, sans bouger ni esquisser un mouvement de recul. Il ne tentera pas de fuir, juste une sortie. Il a toujours été un excellent tireur. En deux coups il explose la tête du gradé. L'impact est assourdissant. Lambert hurle. Le commissaire hurle. David Berstein retourne son arme contre lui.
Il lui semble, mais il ne pourrait pas le jurer, qu'il a dit « juste pour le plaisir » avant de tirer.
Ces mots réveillent un drôle de souvenir, mais comme dans ses cauchemars, Lambert ne parvient pas à mettre un nom, un visage sur cette impression de déjà-vu. »

(…) « -Ils tuent par plaisir. Seulement par plaisir. Il faut chercher Lambert, un homme, des hommes qui tuent par plaisir. » (...)




Une autre photo de Mercedes Deambrosis

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