L'aveuglement de José Saramago

Publié le par Hélène

L'aveuglement de José Saramago
 

édition du seuil / 302 pages



Un homme attend au volant de sa voiture, il ne verra jamais plus que du blanc. C'est la première victime d'une épidémie qui se propage et effraie la population et le gouvernement. Des mesures d'isolement sont prises, parqués comme des animaux dans un ancien asile d'aliénés gardés par l'armée. Ces nouveaux aveugles ne peuvent plus comptés que sur eux, la nourriture se fait rare, les produits de premières nécessité quasi absent. Peu à peu les hommes perdent le peu de dignité qui leur reste, en groupe ils survivent comme ils peuvent.
Une femme seul semble avoir été épargné par "le mal blanc", elle voie et sera les yeux qui aideront son mari ophtalmologue, un vieillard borgne, un jeune fille au lunette noir, un jeune garçon et un couple. Ensemble, ils feront face à ce que l'âme humaine a de plus noir en elle.




Allégorie d'un monde dominé par la bêtise humaine, l'Histoire n'est pas oublié et sous le déguisement de l'épidémie, Saramago revisite les passages récents les plus noir. Ce livre fut pour moi une véritable découverte, au-délà de l'histoire, il y a ce style si particulier les phrases se succèdent parfois longue, parfois courte, mais toutes regroupés, condensés sans pose dans de très long paragraphes. Le texte acquière par se biais une consistance, il gagne en profondeur, malgré quelques répétitions.
Cela faisait un moment que je n'avais pas été happé de la sorte ; oh certes, il m'a fallu un peu de temps pour apprécier quelques dizaine de pages, une habitude à prendre, le besoin de se placer dans le rythme du texte ; certes, je ne l'ai pas lu en une seul fois mais quel plaisir de lire un texte complet, vous avez là une perle pas forcément parfaite mais cette perle là, elle a une forme, un teinte, une couleur bien à elle.

Une chose est sur après une telle surprise, je relirais sans hésiter d'autres livres de cet auteur. Je laisserai seleument passé un peu de temps, simplement par peur d'être déçu...

Ma note : 4,5/5



José Saramago (photo AFP)

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