Le tiroir à cheveux d'Emmanuelle Pagano

Publié le par Hélène

Le tiroir à cheveux d'Emmanuelle Pagano

P.O.L / 136 pages
Prix TSR




Nous sommes dans une petite ville du Sud, son père est gendarme, elle, elle travaille chez un coiffeur, elle aime beaucoup toucher les cheveux, les caresser, les coiffer.
Elle avait 15 ans à peine, elle a eu un enfant un peu trop tôt, un peu trop jeune. Un enfant différent, Pierre né handicapé, parce qu'elle a voulu cacher sa grossesse à ses parents, parce que son petit ami d'alors à refuser de l'emmener à l'hôpital.
Et puis trois ans plus tard, un autre accident, un autre enfant, Titouan en pleine santé, lui...


Il y a souvent des livres plus facile que d'autres à résumer, il y a ce qu'il faut dire et ce qu'il faut taire. C'est une des difficultés majeures que je rencontre avec Emmanuelle Pagano. Chez elle, l'histoire se construit au fur est à mesure que l'on avance dans notre lecture, on la comprend et la découvre, elle évolue depuis la première jusqu'à la dernière page. Chez elle tout est affaire de sensation et d'émotions, se sont les briques de son histoire. J'aime beaucoup son écriture simple et fluide, sa façon d'aborder des sujets difficiles, la différence, une mère-enfant avec un tact qui confère presque une certaine délicatesse, une sorte de douceur à son propos. Elle sait magnifiquement crée un rythme dans son écriture, décrire le regard des autres, le bruit de la rue …
On s'attache à cette héroïne, une mère instinctive qui va tout faire pour garder avec elle, ce fils différent que ses parents souhaite placé dans un centre spécialisé. Et en prenant la défense de son enfant face à ses propres parents, elle s'affirme en tant qu'adulte responsable, en tant que mère.
Vous avez du le comprendre, cette auteur est une très belle découverte pour moi.

Ma note : 4/5


Des extraits:

« C'est une intello, elle lit partout, même dans le car. Elle tient un livre comme je tenais une cigarette, par nécessité, par dépit, par distraction. Peut-être par habitude. » (p14)

« Elle a fait depuis longtemps toutes les démarches pour avoir une place dans un centre et une place est libre, laissée vide par un décès. La place d'un mort. Pierre aussi c'est un mort, mais c'est un mort qui n'est pas mort. Je me demande ce que c'est, vivre, quand on est comme lui. Comme ça me dépasse tout ça, je prends parfois son visage dans mon cou et je mets le mien dans ses cheveux, mais il ne se laisse pas souvent faire. Il se dégage et mon cou est humide parce qu'il bave sans arrêt. » (p29)

« Je passe la main dans ses cheveux mi-longs, les boucles brunes tremblent, on dirait du chocolat chaud mal préparé. Un peu trop épais, trop sucré peut-être...J'aime les cheveux, même gras, rêches, épais. Mats, soyeux, souples au toucher, moites. J'aime toucher les cheveux. Regarder de près leurs formes, leurs couleurs, leurs textures. Et m'approcher des têtes, par derrière,de côté. J'aime surprendre les mouvements des mèches. Les renifler en douce (...)»
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