Un grand coup de coeur en 2008, Boris Pahor

Publié le par Hélène

L'appel du navire de Boris PAHOR

 édition Phébus
319 pages




 Dire qu'en ouvrant ce livre, j'entendais parler pour la première fois de Trieste serais faux. Par contre, je me dois d'avouer que de son histoire, je ne savais rien. Je n'y suis jamais allé et pourtant Trieste évoquait en moi l'Italie du Nord Est, la côte Adriatique, la beauté calme du soleil se couchant dans les collines pierreuses.
Situé au fond de l'Adriatique, bloqué entre
la frontière Slovène et le plateau du Karst ; un temps dominée par Venise et les Habsbourg, occupé par les troupes napoléonienne, elle devint en 1815 ville autrichienne puis en 1920 ville italienne. Annexé par la Yougoslavie en 1947 un traité de paix marque la création de l'éphémère Territoire libre de Trieste. En 1954, elle revint à l'Italie. C'est une ville de mélange et de cohabitation, une modèle d' entente douce mais fragile entre de multiples cultures. Cet équilibre est mis à mal à la fin de la première Guerre Mondiale, une fois la ville intégrée au royaume d'Italie. Première victime, de la présence de plus en plus importante des fascistes puis de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, la communauté slovène. On lui refuse le droit de parler, le droit d'écrire, le droit de lire, "Tout ce qui est slovène doit disparaître".



 La plume de Boris PAHOR nous dévoile avec pudeur et délicatesse une ville de résistance, une ville de révolte contenu, de défense silencieuse. Sur les quais du port de Trieste Ema, jeune fille du Karst, rencontre Danilo. Lui mûr et déterminé, elle fragile et convaincu ; il guide ses pas, elle le soutient. Leur monde est un monde de combat, ils plongent sur les chemins de la résistance au fascisme, de la défense de la culture slovène et de l'amour.

En refermant le livre, je me suis dis cet écrivain est un magicien, il a su animé les mots, les rendre vivant et cette impression devenue si rare lorsqu'on lit les auteurs dit moderne m'a surprise. Boris PAHOR a réussi dans ce roman une fresque brodé avec poésie et patience. Les mots, les phrases se succèdent créant une atmosphère étrange et tamisé dans un style sobre, simple, raffiné et brillant. J'ai été subjugué par la beauté et la maîtrise de la langue.
 Découverte heureuse, perdu dans un coin sombre de la librairie, c'est pour moi le meilleur livre que j'ai pu lire en 2008, un vrai grand moment de plaisir.

Ma note : 5/5


Hommage également à des gens trop souvent oublié sans qui on ne pourrait lire ces auteurs étranger, la traductrice Antonia BERNARD.

Publié dans Littérature Slovène

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alaligne 01/04/2009 11:27

Bonjour Hélène,

C'est avec grand plaisir que je t'ouvre les portes de ma communauté "L'écriture dans tous ses états". J'espère que tu y trouveras un lieu de partage, de libre expression et de large diffusion de tes écrits. N'hésite pas à venir nous rejoindre sur le forum de la communauté.

Amicalement,
Alaligne