Boue de Guillermo Fadanelli

Publié le par Hélène

Boue de Guillermo Fadanelli

édition Christian Bourgeois
348 pages




 

La vie de Benito Torrentera, la cinquantaine, professeur de philosophie, bascule un soir d'égarement avec la jeune et jo
lie Flor Eduarda employé illettré du supermarché local. Elle est intrigué par cet homme pessimiste et occupé à des affaires auxquelles personnes ne s'intéresse, elle le suit, trouve refuge chez lui, puis dans son lit, puis dans ses bras. Ensemble, ils vont fuir direction Michoacán, petit village mexicain où fut donné en 1540 le premier cours de philosophie de l' Amérique.





 La vie dans la boue, la boue dans une vie …

Comment faire un roman d'amour où la violence et les côtés les plus vil des hommes peuvent se révéler ? Ce livre est une vision d'un monde si noir, si impitoyable. Dans ce récit confession troublant la violence s'incarne dans les mots, elle se condense dans les phrases pour enfin sortir et jaillir de ce roman.
Je ne vous le cache pas c'est un livre particulier, et cette exhibition de la violence peut choquer, présenter comme une part de la société mexicaine elle déteint sur les hommes. De même, j'ai été dérouté par ce portrait d'un homme à la fois perdu et blasé de la vie, il semble abandonné toute forme de raison pour une folie. Pas si sympathique ce professeur mais si fascinant à sa façon, il est barbant, pénible, agaçant, il alterne sans cesse les élucubrations pontifiantes et les instants de pur désir quasi animal violent amoraux.
On va de transgression en transgression, de folie en folie, je ne sais pas s'il faut voir dans le comportement du professeur une façon d'attribuer une autre valeur à sa vie mais à vouloir aller trop loin, il plonge inexorablement...
À première vue Guillermo Fadanelli nous offre une image du Mexique où le crime gratuit ne l'est jamais tout à fait ainsi j'ai véritablement apprécié de voir ou de pouvoir si facilement imaginer en filigrane de ce texte un jugement plus « moral » à chacune des actions toutes plus contestables les unes des autres.
En résumé, un texte difficile mais que j'ai vraiment apprécié et pourtant c'était loin d'être gagné !


Ma note : 4/5



Publié dans Littérature mexicaine

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